Stéphane Gilot. Ou Babel et son double
2009, Spirale : Arts • Lettres • Sciences humaines
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Questions de style, n° 7, 2010, p. 83-115.
Oh la belle double énonciation ! Le fait qu'En Attendant Godot soit précédé par plusieurs romans, que Beckett au fur et à mesure de sa production dramatique ait de plus en plus mis à mal le dialogique, que nombre de ses écrits romanesques soient de longs monologues ou qu'enfin un Robbe-Grillet ait été jusqu'analyser quelques-unes de ses pièces dans un recueil intitulé Pour un nouveau Roman est déjà en soi une invitation à chercher dans l'oeuvre dramatique de cet auteur des caractéristiques de l'écriture romanesque et donc la présence d'un narrateur. Plus que cela, dans la mesure où les didascalies sont des discours, des énoncés narratifs, n'est-il pas cohérent d'envisager un locuteur, un sujet de l'énonciation, un narrateur qui serait alors, selon la terminologie de Genette, extradiégétique et hétérodiégétique ? Cependant toute didascalie ne « raconte » pas. Ne serait-il donc pas plus juste, de désigner cet énonciateur premier, à la suite d'Ubersfeld, par le terme de « scripteur » ? Mais alors doit-on limiter le rôle de ce scripteur à l'énonciation des didascalies ? Le scripteur ne serait-il pas aussi celui qui distribue le discours, qui choisit la fréquence des répliques, les rapports quantitatifs qu'elles entretiennent, etc. ? Doit-on en déduire que tout texte théâtral a un scripteur ? En quoi celui-ci se distinguet-il alors de l'auteur ? Voilà qui nous ramène directement à un des débats les plus actuels de la narratalogie où se confrontent des théoriciens qui, sur les pas de Barthes et Genette, affirment qu « il ne peut y avoir de récit sans narrateur 1 » à d'autres (Hamburger, Kuroda, Banfield) qui, au contraire, remettent de plus en plus en cause la présence systématique d'un narrateur. Qu'en est-il de ce débat dans En attendant Godot et Oh les beaux jours ? Doit-on suivre Stanzel qui, si l'on en croit Sylvie Patron, oppose « le récit de fiction, caractérisé par la médiation d'un narrateur fictionnel, à la pièce de théâtre, qui ne présente pas cette caractéristique 2 » ? Peut-on au contraire déceler dans ces deux pièces un scripteur ? Contiennent-elles des indices de double énonciation ? Si oui, quelle est la fonction de cette double énonciation ? 45 Robbe-Grillet, Pour un nouveau roman, éd. de Minuit, 2006de Minuit, , [1961 p. 103. 46 Camus, Le mythe de Sisyphe, « Folio essais », Gallimard, [1942], 2008, pp. 109-116. 47 Cité par Nicolas Doutey, « La question du spectateur : Eleutharia de Samuel Beckett »,
Continents manuscrits, 2023
L'histoire de la Tour de Babel est célèbre chez les linguistes et les étudiants, mais souvent comprise à l'envers ! Ces cinq pages expliquent le texte, puis quelques commentaires anciens que je trouve intéressants pour les étudiants. Il s'agit d'une version retouchée d'un cours donné il y a quelques années ; c'est un thème dont il est aussi question dans mon livre "L'Anticode".
Pour empêcher les hommes de construire la Tour de Babel, Dieu aurait pu les rendre muets ; il a choisi une autre solution. Nous dirons aussi un mot de l'étymologie que l'histoire donne pour 'Babel', et proposerons une solution. Enfin, en regardant ce qui précède et qui suit l'histoire de Babel, nous essaierons d'évaluer la fonction de cet étonnant épisode. - version 5.
Dans la première partie de notre étude intitulée "Migrations libyques à l’époque néolithique : analyse d’une gravure de Coizard-Joches, France", nous nous sommes intéressés à la prépondérance des anciens Berbères-Libyens dans la péninsule Ibérique et l’Ouest de l’Europe. Au cours de notre analyse, nous avons mis en évidence les relations ayant existé entre des populations africaines et européennes à la veille du néolithique, en portant notre attention sur une inscription mise au jour dans la nécropole de Coizard-Joches, une commune située dans le département de la Marne (France). Dans cette seconde partie, nous traitons de la rencontre entre la langue berbère et celle des Celtes, à travers des débris de mots qui reformulent à leur manière la fable de Babel, lorsque les hommes s’exprimaient tous dans une seule et même langue, avant l’éparpillement des hommes sur toute la surface de la terre et le foisonnement des langues et des peuples.
Babel, mon amour. Sur l'émergence du concept de diversité dans la politique linguistique de la France.
American Translators Association-Translators' Guild and Translators' Association-Bundesverband der Dolmetscher und Übersetzer e. V.-Asociación de traductores profesionales (México)-Czech Translators' Association-Verband deutschsprachiger Übersetzer literarischer und wissenschaftlicher We; lie e.V.-Translators' Association (United Kingdom)-Conseil des traducteurs et interprètes du Canada-Association des traducteurs littéraires de France-Asociación Profesional Española de Traductores e Intérpretes Revues et bulletins des sociétés membres de la FIT-Reviews and Newsletters of FIT member societies 44 Climats de la traduction: faits et chiffres-Climates of Translation: facts and figures..
HAL (Le Centre pour la Communication Scientifique Directe), 2007
ux yeux du profane, l'épisode biblique de Babel procède d'une violence d'autant plus surprenante qu'elle se manifeste à deux niveaux : du point de vue de la narration et du point de vue de la diégèse. Le récit de la dispersion des peuples et de la confusion des langues vient tout d'abord conclure la première partie, essentiellement mythologique, de la Genèse, et cela sans même tenir compte de l'épilogue du déluge où l'on voit les fils de Noé commencer déjà à peupler l'ensemble de la terre. Ce coup de force narratif n'est rien cependant à côté de celui qu'opère l'ordre symbolique et qui impose l'image d'un dieu ombrageux apostrophant sa cour angélique depuis une orgueilleuse retraite céleste. Quelle est donc, au regard d'un tel maître, la faute commise par les hommes ? Délire d'hybris ? Peutêtre. Mais ce qu'invoque plutôt le texte est une volonté d'harmonie, un désir de n'être pas dispersé et d'associer un nom unique à cette concentration géographique : Et ils ont dit allons bâtissons-nous une ville et une tour et sa tête dans le ciel et faisons-nous un nom, Sinon nous nous éparpillerons sur toute la face de la terre 1 .
Cahiers de la Méditerranée, 2010
Cahiers de la MRSH, 2003
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References (4)
- Terme gigogne forgé par Stéphane Gilot, rivé à cet objectif « d'écrire une fiction inépuisable, la fable exemplaire où chacun trouve son propre reflet, le livre qui soit tout à tous ». Propos de Borges comme introduction à L'invention de Morel de Bioy Casarès, Paris. Union générale d'éditions. 1976.
- Ainsi de ces « temps de l'architecture, propositions construites pour le futur? » Communications des architectes Hans-Walter Mùller et Rudy Ricciotti, Point Éphémère. Paris, novembre 2008, [www.pointephemereorg/spip.php?article2681.
- Boris Groys, « Politics of Installation ». lwww.e-flux.com/journal/view/31 ]
- Louise Provencher, « Course à l'aveugle » dans Mémoire vive / L'algèbre d'Ariane, Montréal, DARE-DARE, 2004.
Louise Provencher